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Les peurs alimentaires des parents
Créé en Octobre 2011
Les pédiatres* Français s’alarment en entendant dans leurs consultations diverses rumeurs concernant le lait, la viande, le sucre, les OGM … Les parents risquent au contraire de nuire à la santé de leurs enfants en croyant les protéger !
Il est vrai que l’obésité infantile inquiète et que l’on parle beaucoup des risques liés aux pesticides, aux additifs, etc. Mais du coup cela crée l’effet opposé : au lieu de protéger leurs enfants, les parents opèrent des changements alimentaires plus dangereux !
Le N°1 des peurs alimentaires : le LAIT !
Cet aliment essentiel reste en tête de liste pour bon nombre de parents. Il serait responsable d’infections à répétition, d’otites, de bronchites, d’asthme, d’eczéma, d’allergies... Certes, il existe d’authentiques allergies au lait, mais elles sont loin d’être une généralité et leur diagnostic revient en premier lieu aux pédiatres. Certains parents vont donc jusqu’à proscrire le lait pour éviter les allergies à leurs jeunes enfants. D’autres ont décidé de ne pas donner de lait de vache ou maternisé aux nourrissons et de le remplacer par des « boissons au soja, amande, riz, noisette »... Un nourrisson de parents végétaliens est ainsi décédé faute d’avoir reçu les nutriments nécessaires à la vie, révèle la société française de pédiatrie.
A ce jour aucune preuve scientifique ne permet de dire que le lait soit la cause de toutes ces pathologies. Priver les enfants de lait présente des risques santé. Le lait est l’une des meilleures sources de calcium.
A noter, les « boissons végétales » ressemblent à du lait mais elles ne fournissent pas ou très peu de calcium (même si certaines sont enrichies, comme le soja ; elles sont plus ou moins riches en d’autres sels minéraux). Il ne s’agit en aucun cas de substituts du lait de vache ou lait maternisé ! (ce sont d’autres aliments, qui présentent d’autres attraits gustatifs).
Or, les enfants privés de calcium risquent des altérations de la croissance et de la santé osseuse (une minéralisation osseuse défaillante, tout en passant inaperçue, entraînera plus tard des risques de fractures ostéoporotiques, voire des fractures de fatigue chez les sportifs...). Leur besoin en calcium est élevé, et il perdure toute la vie, d’où l’intérêt d’en consommer très régulièrement, à tout âge et sous toutes ses formes (en grandissant : yaourt, fromage blanc, fromage…).
En conclusion, il y a plus de risque en supprimant le LAIT qu’en en donnant aux enfants.
Ennemi N°2 : la viande
Elle est indispensable pour éviter les carences en fer (anémie, fatigue…) chez les enfants. Les viandes rouges (bœuf, agneau…) apportent du fer bien assimilé par l’organisme. On en trouve aussi dans les laits infantiles, et dans les laits de croissance qui prennent le relais entre 1 an et 3 ans. Mais ces laits sont souvent arrêtés tôt car ils coûtent assez cher…
Il est conseillé de donner une petite quantité de viande rouge chaque semaine aux enfants.
Ensuite, c’est le sucre, souvent diabolisé par les parents…
Oui, surtout ceux qui surveillent leur poids. L’enfant a une appétence innée pour le sucré, mais il ne s’agit pas d’une addiction au sucre : en grandissant, il mangera moins sucré. Bien entendu, il ne faut pas en abuser, mais mieux vaut lui apprendre à le consommer et à le doser (en fin de repas au dessert, une petite cuillérée…) que de lui interdire. Sinon, il risque au contraire de développer des troubles du comportement alimentaire !
Dernière angoisse forte, les OGM, pesticides, additifs…
Cela correspond à une peur de l’inconnu : aujourd’hui il est difficile d’évaluer l’impact santé de ces éléments. Selon les pédiatres, en Europe, la nourriture infantile est soumise à une réglementation très stricte, notamment pour son contenu en pesticides. Il n’y a aucune différence entre les produits infantiles bio et non bio.
Donc pas de panique en ce qui concerne les « produits infantiles ». En revanche, très vite les parents donnent des aliments « courants » aux enfants, et là, on constate des différences entre le bio et le non bio…
Les OGM sont interdits en bio. Côté pesticides, attention, le bio ne peut être dénué de tout pesticide, même si à priori il y en a moins.
Mais selon une étude récente soutenue par le ministère de l’agriculture portant sur plus de 1000 références de desserts laitiers et plats préparés bio et conventionnels, les produits bio sont élaborés à partir de recettes plus simples et ils contiennent moins d’additifs.
Par exemple, des îles flottantes : la recette bio comprend 4 ingrédients (lait, œufs, sucre de canne et vanille) tandis que la recette conventionnelle (sans œuf !!!) aligne 17 ingrédients dont 11 arômes et additifs dont plusieurs interdits en bio (amidon transformé, émulsifiants, colorants, arômes de synthèse…).
Même chose pour des yaourts aux fruits.
Donc, pour les produits transformés, les parents inquiets peuvent se tourner plus volontiers vers le bio.
Mais attention, bio ou non, l’important, c’est l’équilibre. Plutôt que de diaboliser tel ou tel aliment, c’est le déséquilibre alimentaire qui devrait faire peur !
*Communiqué de la Société française de pédiatrie, 8 avril 2011.













