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Baromètre santé nutrition : ce que mangent les Français
Créé en Mars 2010
La nutrition représente un facteur déterminant pour la santé de la population, d’où l’intérêt de disposer d’indicateurs précis quant à l’alimentation des Français afin d’adapter les politiques de prévention en la matière. C’est dans ce but que l’INPES a mis en place une grande étude téléphonique en trois volets : le premier en 1996, le second en 2002 et le dernier en 2008. Elle vise à évaluer l’évolution des comportements d’achats et de consommations alimentaires ainsi que les perceptions des Français âgés de 12 à 75 ans en matière d’alimentation et d’activité physique. Alors que la crise économique sévit et que les recommandations nutritionnelles envahissent les médias, où en sont les Français ? C’est ce que révèlent les résultats du troisième volet de cette étude, publiés en janvier 2010.
Les grandes nouveautés du baromètre 2008
L’étude 2008 a également porté sur les connaissances des Français concernant les recommandations du PNNS (Programme National Nutrition Santé) et la façon dont ils les appliquent.
De plus, ce troisième volet prend en compte, pour la première fois, le facteur social en évaluant le pourcentage de la population se trouvant en situation d’insécurité alimentaire quantitative (n’ayant pas assez à manger) ou d’insécurité alimentaire qualitative (ne pouvant pas toujours manger les aliments souhaités).
La santé et, depuis 2002, le budget, représentent les premiers facteurs pris en compte par la population dans la composition de ses menus. Mais depuis 2008, c’est le plaisir gustatif qui se trouve cité le plus fréquemment dans la représentation de l’acte alimentaire. Tandis qu’en 1996, il se traduisait le plus souvent par « un acte indispensable pour vivre ». Et, pour plus de 9 personnes sur 10, cuisiner rime avec alimentation saine et convivialité.
Les connaissances et les consommations alimentaires des Français
* Légumes et fruits
Par rapport à 2002, dix fois plus de Français (28 %) savent qu’il faut manger « au moins 5 fruits et légumes par jour pour être en bonne santé ». Pourtant, leur consommation en ces aliments n’a que très faiblement augmenté en 6 ans et beaucoup restent encore bien loin des recommandations : à peine 12 % des personnes interrogées avaient suivi ce conseil la veille de l’interview ! Les meilleurs élèves en la matière s’avèrent être les femmes de 55-75 ans. Cependant, dans la majorité des cas, ceux qui ne consomment pas assez de légumes et/ou de fruits en sont conscients. Depuis 2002, le prix (de plus en plus évoqué) représente un obstacle à leur consommation.
* Produits laitiers
Paradoxalement, les Français semblent être plus nombreux qu’en 2002 à connaître les recommandations du PNNS en termes de produits laitiers (3 à 4 par jour), mais ils sont moins nombreux à les suivre : seulement 24 % ! L’étude révèle une nette diminution chez les jeunes filles de 12 à 17 ans.
* Féculents
Seuls 10 % des personnes interrogées savent qu’il est recommandé de consommer des féculents (ou du pain) à chaque repas, soit au moins 3 fois par jour. Et pourtant, 70 % d’entre elles le font ! Ce taux est assez stable depuis 1996 et ce sont les hommes, les plus jeunes et les plus âgés qui sont les plus gros consommateurs.
* Viande, produits de la pêche et œufs
63 % des Français interrogés connaissent les recommandations du PNNS pour cette catégorie d’aliments (1 à 2 fois par jour) et 83 % les appliquent. Ce taux est resté stable depuis 1996. Le poisson apparaît au moins deux fois par semaine au menu de 45 % des interrogés. Cette habitude, en accord avec les recommandations, est plus fréquente chez les femmes, les plus âgés et les plus diplômés.
* Boissons et produits sucrés
Leur consommation reste supérieure aux recommandations et est en augmentation depuis les précédents volets de l’étude, notamment chez les sujets jeunes et de sexe masculin.
* Sel et matières grasses
Par rapport à 2002, les Français mettent moins souvent des matières grasses et du sel sur la table et depuis le début de l’étude, l’utilisation de beurre, de margarine et d’huile de tournesol, diminue au profit de l’huile d’olive, de colza et des mélanges de matières grasses.
* Plats tout prêts
Leur consommation a fortement augmenté par rapport au volet précédent, notamment chez les jeunes : 47 % des interrogés en ont consommé au moins une fois par semaine.
* Alcool
Les Français boivent de moins en moins de boissons alcoolisées depuis le début de l’étude, la baisse la plus importante concernant les plus de 35 ans.
Les habitudes et achats alimentaires des Français
En 2008, les Français conservent l’habitude de prendre 3 repas par jour pour la grande majorité (87 %) bien que l’on constate une légère augmentation des personnes sautant le déjeuner ou le dîner. La composition de ces repas s’est simplifiée depuis 2002, avec 2 ou 3 plats par repas principal pour la plupart. Le petit déjeuner, lui, est pris par 94 % des interrogés mais ne se compose pas souvent des 3 groupes d’aliments recommandés.
Même si le pourcentage de personnes prenant leurs repas à l’extérieur augmente, la plupart des repas sont pris au domicile, le plus souvent en compagnie d’autres personnes sauf pour le petit-déjeuner pris seul par 55 % des Français.
Le grignotage, qui concerne davantage les plus jeunes, a tendance à diminuer par rapport au volet précédent.
La grande majorité des achats alimentaires se fait en grande ou moyenne surface (super et hypermarchés, magasin hard discount), en boulangerie, dans les commerces de proximité et au marché. Les achats par téléphone ou internet restent encore marginaux. Si la distance est le critère de choix du magasin qui prime encore, celui du prix a fortement augmenté depuis 2002, de même pour le choix d’un produit. Cependant, beaucoup font encore passer la marque, la composition et le label du produit avant.
Les Français et l’activité physique
58 % des Français n’atteignent toujours pas le niveau d’activité physique (déplacements, loisirs) conseillé. Sur ce sujet, les femmes et les personnes les plus âgées sont les plus mauvais élèves.
L’insécurité alimentaire
Le baromètre 2008 met en évidence de fortes inégalités sociales en matière d’alimentation. En effet, 2,5 % des Français déclarent ne pas avoir toujours assez à manger et près de 40 % ne mangent pas toujours les aliments qu’ils souhaiteraient ! Les plus touchés sont les personnes ayant de faibles revenus et un faible niveau d’éducation. Bien qu’elles aient, pour la plupart, conscience de ne pas faire les bons choix alimentaires pour leur santé, leur alimentation est moins diversifiée et comporte moins de légumes, de fruits et de poisson mais plus de boissons sucrées et de plats tout prêts.













