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Mes ordonnances alimentaires du Docteur Chevallier (mars 2010)

Créé en Mars 2010

La sortie très médiatisée du dernier livre de cet éminent spécialiste de la nutrition a retenue notre attention. L’auteur a pris le temps de répondre à nos questions, en toute franchise et avec l’objectivité qui le caractérise.

Nutriveig : Votre livre contient plus de 60 ordonnances alimentaires, adaptées à différentes affections : de l’acné, la diarrhée, le diabète jusqu’à l’ostéoporose, les varices et les yeux, en passant par la libido, la ménopause, les migraines. Pourquoi avez-vous choisi d’aborder autant de pathologies, plutôt que l’amaigrissement uniquement ?

De part mon activité*, je suis amené à rencontrer beaucoup de situations où la solution nutritionnelle va aider à lutter contre la maladie : obésité, maladies cardio-vasculaires, mal-nutrition…
Néanmoins, dès le début de mon livre je consacre un chapitre à « la résistance à la perte de poids ». Pour aider les personnes à maigrir, y compris celles en situation d’échec suite à de nombreux régimes, je propose de commencer par auto-analyser leur propre type de faim : faim physiologique ? faim destructurée ?… Je conseille ensuite une « alimentation fractionnée individualisée » permettant à chacun de mieux répartir ses prises alimentaires selon son propre rythme, sans privation ni exclusion de groupes d’aliments, en limitant la consommation de produits industrialisés. Cette méthode repose sur un bon équilibre alimentaire.
* Le docteur Laurent Chevallier est médecin nutritionniste et botaniste. Il est praticien au CHU de Montpellier, mais également directeur des comités de liaison nutrition de plusieurs cliniques, et président de la commision du réseau environnement santé.

Nutriveig : Dans la 1ère partie, vous évoquez les cancers et de nouvelles maladies liées à l’environnement chimique (dont fatigue chronique, fibromyalgie….). Pourquoi personne n’en parle ?

Il faut savoir qu’une majorité de confrères sont liés à l’industrie agro-alimentaire. Entendre de la bouche d’un médecin que les boissons édulcorées ont un faible impact sur la santé est insensé !
L’autre problème, c’est que le modèle de l’alimentation industrielle représente un échec, puisque partout dans le monde il y a des problèmes de surpoids (1 milliard de personnes !) et parallèlement des problèmes de malnutrition et de dénutrition.
Ce sont malheureusement les considérations marketing qui décident des tendances alimentaires et non les considérations nutritionnelles !
Car il existe deux catégories d’industriels, ceux qui font des efforts (baisse des Acides Gras trans, du taux de sel, etc.) et tout une frange qui souhaite avoir une réglementation peu contraignante.
Quant aux pouvoirs publics, leur efficacité reste à prouver : pourquoi l’alimentation est-elle rattachée au ministère de l’agriculture et non au ministère de la santé ?
Or aujourd’hui, compte tenu de la pollution, il faut avoir une vision globale de l’alimentation, qui inclue les additifs, les résidus de pesticides, les emballages…

Nutriveig :  Dans les mesures générales préconisées, vous orientez vers les aliments bio, est-ce un antidote aux produits industriels ?

Certainement, car par essence ils sont dépourvus de pesticides. Mais dans le conventionnel, il y aussi de très bons aliments ! Sauf que le consommateur n’a aucun moyen de les identifier, donc c’est plus délicat.
Toutefois j’insiste sur l’achat de produits bruts (lait, œufs, farine…). Car dans le bio transformé (biscuits, plats cuisinés…), les marges sont trop élevées et pénalisantes (prix) pour le consommateur. Je conseille donc de rester prudent aussi sur les produits bio transformés.

Nutriveig : Vous n’avez rien contre la cuisson au micro-ondes ?

Non, car aucune étude scientifiquement crédible ne permet de condamner ce type de cuisson.
Pour l’aliment consommé une fois cuit, ce mode de cuisson ne présente pas de danger réel.

Nutriveig : La phytothérapie est-elle la cerise sur le gâteau ?

Attention, aucune plante ne fait maigrir ou ne peut guérir, il ne faut donc pas se laisser abuser par les messages publicitaires.
Les plantes, par exemple sous forme de tisanes, sont complémentaires à la prescription alimentaire que je donne pour chaque maladie.
Elles permettent de boire, et c’est un très bon vecteur de la substance active de la plante.

Nutriveig : Et les compléments alimentaires, sont-ils utiles ou non ?

Le soucis aujourd’hui, c’est leur mode de fabrication : ils viennent souvent de chine et de nombreux doutes persistent sur la chimie de synthèse qu’ils emploient…
D’autre part, quand on mange un fruit riche en vitamine C, grâce à la synergie des différents composants du fruit, celle-ci est très bien assimilée. Or un comprimé de vitamine C a 200 fois moins d’impact !
Donc, si vraiment le complément alimentaire s’avère nécessaire, je l’indique, mais toujours dans le cadre d’une alimentation équilibrée.

« Mes ordonnances alimentaires » du Docteur Chevallier, Editions LLL (Les Liens qui Libèrent), 300 pages, 19 €

Présentation de l’ouvrage :
Dans son livre très pratique, l'auteur vous prescrit une ordonnance alimentaire en fonction des troubles (acné, bronchite, constipation…) ou maladies (cardiaques, diabète, ostéoporose…) qui vous touchent : ce que vous devez manger et quels produits privilégier, ce qu'il vous faut absolument éviter, et la place des plantes... Au préalable, il évoque les grandes maladies symptomatiques de notre époque : le cancer, les excès de poids, les états de fatigue chronique… et les moyens de prévention et d’action pour y faire face. Dans ce livre, il se fonde sur des études scientifiques inédites qui apportent de plus en plus de preuves sur l’implication des produits chimiques dans l’apparition et le développement de la maladie.

On aime : La démarche scientifique du Dr Chevallier, sans à priori et en dehors des modes. La présentation claire et simple de ses prescriptions.