La boulimie : un mal en pleine croissance


Cette maladie de plus en plus fréquente fait parler d’elle dans les cabinets médicaux, dans la cour des lycées, à la télévision... Les langues se délient enfin sur ce trouble du comportement alimentaire si culpabilisant et si mal vécu !

 1 à 2% des adolescents touchés

Depuis une quinzaine d'année le nombre de boulimiques augmente. Selon les dernières études, 1 à 2% des adolescents et des jeunes adultes souffrent de crises de boulimie. Cet accroissement semble lié à plusieurs facteurs, notamment culturel : la minceur, surtout chez les femmes, symbolise le profil idéal dans les pays occidentaux. Elle met une pression très importante sur les jeunes filles qui veulent toutes y correspondre !

 Définition de la boulimie ?

Il s’agit d’un trouble du comportement alimentaire définit comme une pulsion irrésistible et impérieuse de manger en excès, sans contrôle, au-delà de la satiété et entraînant un sentiment extrême de culpabilité après la crise. Ce qui caractérise la boulimie, c'est l'aspect de crise et de tension psychique insupportable qui ne trouve un soulagement que dans l'absorption de nourriture. La personne se trouve dans un contexte psychique d'anxiété, perçu ou non.

Pour parler réellement de boulimie, il faut avoir 2 crises par semaine au minimum depuis plus de 3 mois.

On distingue 3 formes de boulimie : avec vomissement, sans vomissement, et associé à un processus d'anorexie.

Un terrain à risque

Comme tous les troubles du comportement alimentaire, la boulimie intervient dans un contexte particulier et chez une personne prédestinée. La boulimie commence la plupart du temps à l'adolescence et correspond à une difficulté particulière de maturation/maturité ?. La maladie apparaît chez une jeune fille ayant une mauvaise image d'elle-même, et paniquée à l’idée de grossir. Un changement de vie sert souvent de facteur déclenchant à la maladie. Quand la boulimie s'installe, elle accentue les troubles de la personnalité initiaux et notamment le trouble identitaire. Beaucoup cachent leur trouble face à leurs proches.

Boulimie et surpoids

63% des boulimiques sont de poids normal et seulement 15% sont en surpoids. Les 22% restant peuvent même être en déficit pondéral.

Les boulimiques avec un poids normal mettent très souvent en place des méthodes de contrôle du poids : vomissements après la crise, prise de laxatifs, période de jeun …Il faut noter que même si leur poids est normal selon les critères de l'IMC, les jeunes femmes boulimiques se croient toutes en surpoids !

Plus grave chez le garçon

Seulement 4% des patients boulimiques sont des garçons, sans doute parce que les garçons ont moins de troubles thymiques à l'adolescence. Ils subissent moins fortement aussi la pression culturelle de l'image du corps.

Le traitement de la boulimie

Plusieurs prises en charge peuvent être envisagées selon le contexte. Une psychothérapie est le plus souvent recommandée compte tenu de l'origine des troubles (trouble de l'image de soi) et des symptômes associés (anxiété, accès dépressifs). Cette thérapie peut être de type cognitivo-comportementale ou psychanalytique. Il est essentiel d'avoir en parallèle un suivi clinique et diététique permettant d’évaluer les conséquences de la boulimie sur le corps.

Quel que soit le traitement, il faut compter plusieurs mois pour améliorer sensiblement les boulimies. Des rechutes interviennent souvent au cours du suivi thérapeutique, c'est le cours habituel de la maladie boulimique.

Pour en savoir plus : www.gros.fr